Peut-être avez-vous déjà entendu parlé des gaz de schistes, sinon il est temps de connaître le nom de la très probable prochaine catastrophe écologique programmée.
Dans la recherche effrénée de nouvelles sources d’énergies, les Etats-Unis exploitent depuis quelques temps les gaz de schistes. Le gaz de schiste, contrairement au gaz naturel qui se trouve prisonnier dans des poches au milieu de couches imperméables, se trouve diffus au sein même de roches : les schistes donc.
Pour extraire ce gaz, il faut forer à deux ou trois kilomètres de profondeur et fracturer la roche en injectant d'énormes quantités d'eau, de sable et de produits chimiques divers et variés dont la recette a été gardée secrète (jusqu’à il y a peu) par les entreprises qui exploitent ce gaz puisque c’est un procédé commercial qui tombe sous le coup des brevets (1).
C’est une technique d’exploitation qui utilise le forage directionnel c’est-à-dire qu’après avoir foré verticalement, celui-ci continue horizontalement pour atteindre la couche souhaitée. Il faut ensuite occasionner des micro fissures en y injectant sous pression, d’immenses quantités d’eau additionnées à un cocktail chimique édifiant (une trentaine de produits environ) mais également de lubrifiants et détergents (à vous en donner le frisson), pour permettre au gaz de remonter en surface avec une partie des eaux désormais polluées, l’autre partie restant bien entendu dans le sous sol en attendant que nous la buvions tôt ou tard. De plus, ce genre d’extraction nécessite un essaimage en grand nombre de puits de forage chacun exigeant de grandes quantités d'eau pour l'hydro fracturation. Une densité de plusieurs puits par km² est atteinte aux USA (cela peut atteindre un puits tous les 500 mètres).
Vous commencez à être effrayés. Eh bien, attendez de lire la suite …
Toujours aux USA, ces puits produisent une grande quantité d’eaux usées rejetées dans la rivière Monongahela (pour ne citer que celle-la), qui alimente plus de 800.000 personnes notamment dans la ville de Pittsburgh. Ces eaux usées sont radioactives à des taux qui peuvent atteindre 1.000 fois les limites autorisées pour l’eau potable. Des niveaux un peu moins élevés …de radioactivité (oui, vous avez bien lu !) ont été observés dans la rivière Delaware, qui alimente plus de 15 millions de personnes, dans la région de Philadelphie. En effet, les volumes importants d'eau sont non seulement contaminés par les produits chimiques injectés au départ, mais aussi à leur retour en surface par les sels dissous lors du processus du passage de l’eau sous pression à travers les couches du sous-sol et les métaux lourds, arsenic, sulfates, carbonates et éventuels radionucléides provenant notamment du radon et de l'uranium naturellement présents dans le sous-sol… et comme chacun sait, toute rivière finira par se jeter dans un fleuve puis à la mer.
Si cette exploitation de gaz de schistes devait perdurer et s’étendre, on parlera de génocide par empoisonnement généralisé, massif et programmé de populations dans un futur désormais à court terme, c’est sûr !
Est-ce que nous, Français, qui sommes souvent une exception dans beaucoup de domaines, sommes à l’abri des pressions lobbyistes américaines (mais également nationales) et/ou des idées qu’on pourraient qualifier de saugrenues, si elles n’étaient pas dans ce cas de figure mortellement irresponsables ?
Eh bien, l’exception française est bel et bien terminée puisqu’en mars 2010, le ministre de l'Ecologie de l'époque, Jean-Louis Borloo, a octroyé des permis de prospection dans trois zones du sud de la France qui couvrent entre autre une partie des départements de l'Hérault, de l'Aveyron, de la Lozère, de l'Ardèche et de la Drôme. Ces permis ont été donnés à des compagnies françaises et étrangères, à l'image de celui de Montélimar, qui autorise le groupe français Total et son homologue américain Devon Energy à entreprendre pour une durée de 5 ans des recherches.
Plus près de nous encore, dans ces permis accordés, celui dit de « Brignoles » est à cheval sur les départements du Var et des Alpes-Maritimes. Il concerne de nombreuses communes y compris le canton de Saint-Auban, oui, vous avez bien lu, c’est notre canton dont il s’agit ! Tout cela bien entendu sans que la population, ni même les élus locaux n’en soient informés.
Une lueur d’espoir dans un océan d’inconscience ? Espérons-le puisque cette machiavélique surprise sème une saine colère ainsi qu’une heureuse indignation parmi nos élus locaux : Eric Ciotti, Lionel Luca, André Aschieri, Jean-Raymond Vinciguerra … (Cf. Nice Matin du 5 Avril 2011). François Fillon a déclaré à l'Assemblée nationale, à propos des projets d'exploration de gaz et de pétrole de schiste, qu'il fallait "tout remettre à plat" et "annuler les autorisations déjà données", sans toutefois fermer la porte à toute possibilité d'exploitation. Jean-Louis Borloo soudain éclairé, fait machine arrière toute puisqu’il a déposé une proposition de loi visant à interdire la recherche et l’exploitation de gaz de schiste en France. Dans ce cas, quid des permis accordés ? Si nous devions payer en plus des dommages et intérêts à des sociétés notamment américaines qui ont bénéficié de ces permis, se sera encore un moindre mal face à l’ampleur de la catastrophe programmée.
Alors était-ce une simple erreur d’appréciation de notre gouvernement, ou un test pour voir comment les français réagiraient ou encore, un simple sursis avant que les lobbies n’organisent la contre attaque ? En tout cas la porte n’est pas complètement refermée car comme l’a dénoncé la députée du Lot, Dominique Orliac à l’assemblée nationale les permis ne sont pas automatiquement abrogés. Les choses sont plus sournoises qu’il n’y paraît puisque les permis déjà accordés ne seront abrogés que si leurs titulaires ne remettent pas dans les deux mois un rapport détaillant les techniques utilisées … autrement dit si les compagnies nous expliquent « gentiment » les techniques et cocktails chimiques qu’elles seront amenées à utiliser, verront à priori leurs permis maintenus. Pouvons-nous décemment croire que ces compagnies nous diront toute la vérité sur leurs méthodes destructives et mortifères d’exploitation des gaz de schistes ? L’autre scandale consiste dans la réforme du code minier qui a récemment simplifié les procédures d’exploitation des sous-sols pour les compagnies pétrolières…
L’apocalypse, sujet de prédilection des films américain est désormais sortie des petits et grands écrans pour devenir la réalité made in USA. Faisons en sorte qu’elle ne devienne pas aussi la nôtre. Restons vigilants car un rapport d’étape demandé par le gouvernement estime dommageable pour la France de renoncer à ces hydrocarbures sans une évaluation préalable … ne chercherait-on pas à nous endormir avec des gaz anesthésiques justement. Citoyens, à vos masques à gaz !
Jean-François Raiola
Les blog à visiter impérativement :
www.gazdeshistes-collectifbrignoles.over-blog.com
www.lesperdigones.fr
www.gazdeschistes-collectif-06over-blog.com
(1) Face à l'inquiétude croissante d'associations de consommateurs et à certains indices jugés préoccupants par les autorités américaines, et faute de données publiées par les opérateurs, l'EPA (Agence américaine de Protection de l'Environnement), missionnée par le congrès américain, a du en septembre 2010 demander par courrier aux neuf plus grands opérateurs du secteur de lui envoyer (volontairement, et dans un délai d'un mois maximum, des informations « opportunes et complètes », dont une liste des additifs qui composent leur fluide hydrosiliceux de fracturation du sous-sol. L'EPA rappelle dans son courrier que les industriels peuvent demander la confidentialité d'une partie des informations qui relèveraient du secret commercial « Confidential Business Information »(CBI) et qu'elles seront alors traitées comme telles Sources : Wikipedia (quelle générosité !).