Le
Bombardier B24 LIBERATOR fut le principal appareil de bombardement
utilise par les forces alliées durant la seconde guerre
mondiale. Dans l'imagerie populaire ces avions sont assimilés à
des "FORTERESSES
VOLANTES", à cause
de leur impressionnant armement défensif. Cet appareil fut
l'un des vecteurs essentiels de la victoire alliée. Parmi
les nombreux appareils qui ne regagnèrent jamais leur base
de départ, l'un d'entre eux vint, abattu par la FlaK , éparpiller
ses restes le Samedi 27 Mai 1944 sur le pic de L'Aigle au-dessus du
Mas.Plus d'infos sur ces avion : http://www.aero-relic.org/
Mercredi
27 mai 1944. Un avion B-24 américain s’écrase
sur le Pic de l’Aigle.
Retour
sur cette journée incroyable. 6h30, l’avion Liberator
quitte sa base de Torretta (Italie) pour aller bombarder le terrain d’aviation
de Salon de Provence où étaient basés plusieurs
bombardiers allemands. Dix aviateurs se trouvent à bord de l’appareil
piloté par le sous-lieutenant Gerald Maroney. 9h30, le quadrimoteur
américain passe le Cap Corse en direction du Cap d’Antibes.
10h30, l’avion est touché par la DCA allemande sous son
aile droite qui s’enflamme. Le pilote lâche ses bombes en
mer et entreprend de se diriger vers la Suisse. Il est contraint de changer
d’itinéraire
en raison de sa perte d’altitude. Il remonte la plaine de la Siagne,
survole la vallée de la Gironde passant au-dessus des villages
d’Aiglun
et de Le Mas puis pique vers le Pic de l’Aigle où il se
désintègre.
Les 10 occupants sont sains et saufs.
14h : le sous-lieutenant Mudge est fait prisonnier par les soldats
allemands vers Gréolières. Le sergent Alvin Raines touche
terre sur la face sud de la montagne du Cheyron et se dirige vers Cipières.
Dans la soirée, il sera
arrêté par les Allemands. L’assistant mécanicien
Léon Zinner qui s’est
fracturé une jambe lors de sa chute sera arrêté le
1er juin.
Le mitrailleur, sergent Owen Streeper atterit dans une forêt de la
vallée de la Gironde et rejoint le sous-lieutenant Paul Golden.
Les deux hommes dispersent leurs affaires et se dirigent vers Le Mas. Tandis
que les Allemands poursuivent leur recherche, les aviateurs passent une
nuit à la belle étoile. Le lendemain, ils suivent un habitant
qui les emmène dans le bas de la vallée pour découvrir
une bâtisse en pierres où habite la famille Parmelin.
L’opérateur-radio, le sergent Donald Ellis s’approche également
du Mas. Le samedi 30, il ose enfin traverser le village et se présenter
aux habitants comme « aviateur américain ». Edouard
Parmelin vient le chercher et l’emmène au Sarrodier pour
rencontrer ses amis.
Le co-pilote Winston Lawrence et le mitrailleur B. Norrid atterrissent
non loin des quatre chemins à Thorenc. Ils seront aidés par
les habitants et dirigés vers les Alpes-de-haute-Provence.
Le mitrailleur Harold Steele, atterrit aussi dans la Gironde mais sera
hébergé à Saint-Auban jusqu’à la Libération.
Le pilote Maroney disparut dans la forêt entre Le Mas et le pic
de l’Aigle. Julien Capiemont assiste à la scène et
emmène
le pilote dans une grotte où il passe trois jours. Monsieur et
madame Pommier du hameau des Sausses reccueillent ensuite le pilote chez
eux où il
logera en permanence tout en rejoignant chaque jour ses compatriotes à Sarrodier.
Philippe Castellano raconte en détail cette épopée à travers
son ouvrage « Liberator » : « L’arrivée
des quatre aviateurs dans la vallée de la Gironde allait provoquer
de petits problèmes de nourriture, du moins pour Edouard Parmelin
qui avait déjà deux de ses trois enfants à nourrir,
son épouse plus un couple de réfugiés juifs et deux
amis réfractaires au STO !... L’abbé Viale, curé de
Gréolières et ami intime de Monsieur Parmelin fit naître
un fort élan de solidarité de la part des villages d’Aiglun,
Gréolières, Le Mas, Saint-Auban et Thorenc pour fournir à toutes
ces personnes victuailles et habits ».
Les aviateurs découvrent la vie de travailleurs de la terre : fabrication
du compost, élevage des chèvres…
15 août 1944. Les alliés débarquent en Provence. Joseph
Pommier et Edouard Parmelin ont été dénoncés
! Ils se réfugient dans des grottes et trois jours plus tard, les
troupes américaines arrivent à Thorenc. Les Allemands
fuient.
Quelques jours plus tard, c’est le départ du Mas pour les
aviateurs : un camion civil les ammène à Puget-Théniers
où les Résistants préparent le départ : Draguignan,
Saint-Tropez, Saint-Raphael puis embarquement pour Naples. Le 12 septembre,
ils prennent place à bord d’un Liberty Ship pour rejoindre
leur pays d’origine.
En mai 1992, une plaque de blindage du B-24 est récupérée
sur les lieux du crash, une plaque de bronze est gravée portant
tous les noms des membres de l’équipage et un monument est
inauguré au col de Bleyne en présence de Owen Streeper
et Alvin Raines.
Quelques mois avant l’inauguration, Edouard Parmelin décède.
Aujourd’hui, sa petite-fille est mariée avec un fils de
Alvin Raines.
L'avion
qui nous intéresse était un B24 "H" du
type FLACKFINDER (découvreur de Flak)
Sorti des Usines de montage Ford de Willow Run, Etat du Michigan
le 29 Novembre 1943 avec le Numéro de série 42 - 52 - 399 En
application du contrat N° AC - 21 216 il était équipe
de 4 moteurs Pratt & Whitney modèle R 1830 - 43 Il fut déclaré bon
au service le 30 Novembre 1943.
L'équipage
de l'appareil se composait des personnels suivants :
Pilote
: Sous-Lieutenant Gerald J.MARONEY
Co-Pilote:
Lieutenant Winston J. LAWRENCE
Bombardier:
Sous-Lieutenant Warren R. MUDGE
Navigateur: Sous-Lieutenant
Paul A. GOLDEN
Mecanicien Mitrailleur Dos:Sergent Harold C. STEELE
Radio
Mitrailleur Gauche: Sergent Donald E. Ellis
Assist.
Meca. Mitrailleur Droit: Sergent Leon Zinner
Mitrailleur
De Nez: Sergent Benjamin H. NORRID
Mitrailleur
Ventral: Sergent Owen B. STREEPER
Mitrailleur
de Queue: Sergent Alvin L. RAINES
ITALIE BASE
DE TORETTA 6h30
DU MATIN
Un
certain nombre d'appareils, dont celui qui nous intéresse
décolle avec pour mission
d'aller bombarder le terrain de Salon-de-Provence sur lequel
sont stationnés
des Bombardiers allemands. Une fois l'ensemble des appareils
en l'air, le "Box", composé en
tout de 38 appareils du 461ème Bomber Group se forme et prend
la direction du Cap CIRCEO à L'ouest de Foggia, suivi
par deux autres groupes du 49ème Bomber Wing, les 451ème
et 484ème Bomber group.
La mission
Réfugiés à la
ferme
Le
Cap Circeo passe, c'est au tour de la mer Tyrrhénienne
d'être survole par la formation en route vers le Cap
Corse. Celui-ci est passé a son tour à 9H30,
les avions s'orientent alors au Nord/Nord Ouest dans le but
de se rapprocher des cotes Françaises et de leur "Key-Point" situe
au Cap d'Antibes à partir duquel les appareils devront
infléchir leur vol vers l'Ouest en direction de leur
objectif. Les avions Volent a 7000 mètres d'altitude
et la visibilité est d'environ 15 miles. C'est alors
que les avions entament leur dernier changement de cap afin
de prendre une route qui les mènera sur leur objectif,
que la DCA Allemande installée au Cap d'Antibes ouvre
le Feu sur la formation endommageant plusieurs d'entre eux.
Il est environ 10h30 lorsque notre B24, qui se trouve en seconde
position derrière l'appareil de tête, est touche à son
tour.
Constatant que son aile droite est en flammes, le pilote comprend qu'il ne
pourra regagner sa base de départ, il décide donc de larguer
sa cargaison de bombes et de se rapprocher de la côte Française
afin d'essayer de gagner la Suisse. Malheureusement, après avoir remonte
la vallée de la Siagne et depassé Grasse, le commandant de bord
constate que l'avion perd 230 mètres d'altitude par minute et qu'il
ne pourra donc plus compter sur lui bien longtemps. Il entreprend donc un large
virage à gauche afin de permettre à son équipage d'évacuer
l'avion en toute sécurité. L'évacuation a lieu à environ
4000 mètre d'altitude au-dessus d'une zone de montagne. L'appareil,
livre à luisette, engage alors un large tonneau, survole la vallée
de la Gironde, passant au-dessus des villages d'Aiglun et de Le Mas avant de
piquer vers le Pic de l'Aigle où il termine sa course. Un par un les
hommes d'équipage touchent la terre à leur tour .De ce qu'il
advint des Sergents BENJALIN H. NORRID, DONALD E. ELLIS et du Lieutenant WINSTON
J. LAWRENCE, on ne sait que peu de choses, si ce n'est qu'ils survécurent
tous les trois à l’écrasement de leur appareil et que l'un
d'entre eux au moins fut recueillis par un habitant de Saint Auban chez qui
il resta caché jusqu’à la libération. Ces trois
hommes regagnèrent leur pays à la fin des hostilités.Le
premier à être capturé par les Allemands
fut le sous-lieutenant WARREN R. MUDGE (Bombardier), Arrêté à 14
heures au Plan de Peiron, a environ 10 Km au Nord du village
de Gréolières. Le Sergent ALVIN L. RAINES , quant à lui,
toucha le sol sur le versant sud du Cheiron. Ayant rejoint
le village de Gréolières, il rencontra des gens
qui lui proposèrent de l'aider. Malheureusement pour
lui, il prit la décision de poursuivre son chemin dans
le but de rejoindre sa base. Il fut arrêté aux
alentours de minuit chez un habitant du village de Cipières
qui lui avait donné refuge pour la nuit. De là le
Sous-Lieutenant Mudge sera interné dans un camp d'officiers
tandis que le Sergent Raines se retrouvera au STALAG LUFT 4
en Pologne. L'assistant mécanicien LEON ZIMMER se fractura
une jambe à l'atterrissage et fut arrêté le
1er juin 1944, après avoir passé plusieurs jours à l'hôpital
militaire de Draguignan, Il retrouva le Sergent RAINES au Stalag
Luft 4B en Pologne. Le sous-lieutenant GERALD J. MARONEY, pilote
de l'appareil, échoua quant à lui dans la vallée
de la Gironde prés du Hameau des "SAUSSES".
Secouru par un habitant de ce hameau, il resta caché dans
une des maisons de celui-ci jusqu’à la libération.
Le Sergent OWEN B. STREEPER atterrit dans une forêt de
la vallée de la Gironde après s'être offert
une belle frayeur car son parachute avait d'abord refusé de
s'ouvrir. Il vit l'un de ses camarades tomber non loin de lui,
il s'agissait du sous-lieutenant PAUL A. GOLDEN. Les deux hommes
démontèrent leurs armes personnelles et les dispersèrent
en divers endroits, puis ils se dirigèrent vers une
rivière qui coulait un peu plus bas. De cette position,
ils aperçurent une route assez fréquentée
et restèrent donc cachés jusqu’à la
fin de l'après midi. En fin d'après-midi, ils
remontèrent alors cette route jusqu'au village d'Aiglun
en prenant garde aux patrouilles Allemandes toujours présentes.
Arrivés au village des paysans leur indiquèrent
que s'ils continuaient jusqu'au village suivant,ils pourraient être
pris en charge par des FFI. Ils se remirent donc en route,
et , après avoir dus se cacher momentanément
dans une cave pour échapper à la présence
d'une nouvelle patrouille Allemande, ils atteignirent le village
de LE MAS bien après la Fin du jour. Décidant
de passer la nuit a la belle étoile pour plus de sécurité,
ils s'approchèrent à nouveau du village le lendemain
en milieu de Matinée.
Merci
a Cathy Tricoche Raines, habitant Le Mas, qui a permis à Marc
Alessi de recueillir toutes ces infos !